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Date: 2010
Abstract: Loin d’avoir disparu, la haine des Juifs est entrée dans un nouveau régime en se fixant sur Israël, cible d’une guerre médiatique de haute intensité. L’antisionisme radical, dont l’objectif est la destruction de l’État juif, représente en effet la dernière figure historique prise par la judéophobie. À ce titre, négatrice du droit à l’existence d’une nation, elle constitue l’une des principales formes contemporaines du racisme. Pour comprendre comment s’est accomplie la mondialisation de cette nouvelle configuration antijuive, l’auteur dissèque le nouveau discours de propagande des ennemis déclarés d’Israël tel qu’il s’est développé au cours des années 2000-2010. La nouvelle vision antijuive, qui consiste à « nazifier » les « sionistes » en tant qu’« agresseurs » et à « judaïser » corrélativement les Palestiniens en tant que « victimes », permet d’accuser les « sionistes » de « génocide » ou de « palestinocide ». Ce discours de propagande est replacé dans son contexte international, marqué par une menace islamiste centrée sur l’appel au jihad contre les Juifs. Analysant divers matériaux symboliques exploités par la nouvelle propagande antijuive — images ou discours —, P.-A. Taguieff donne à comprendre comment et pourquoi la haine des Juifs, plus d’un demi-siècle après la Shoah, a pu renaître sous les habits neufs de l’« antiracisme » et de l’« anticolonialisme » et, grâce aux médias, se diffuser en recueillant l’assentiment d’individus parfois convaincus d’être étrangers à tout préjugé antijuif.
Date: 2012
Abstract: Cet ouvrage dirigé par Jacques et Ygal Fijalkow découle du colloque qui s'est tenu en 2011 à Lacaune sur le thème des voyages de mémoire de la Shoah (colloque soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah). Enseignants, personnels des musées mémoriaux, témoins de la Shoah, acteurs institutionnels, experts et universitaires y livrent leurs regards et leurs analyses sur les voyages d'étude sur la Shoah.

Enseigner la Shoah n’est pas chose facile. Tous les enseignants le savent. Dans le souci de développer des formes nouvelles d’enseignement, certains ont trouvé une solution : sortir de la classe et aller avec leurs élèves sur des lieux de mémoire. Cette façon de faire, dans un contexte de développement des voyages en général, est en plein développement.Du côté des pouvoirs publics, la formule a plu et les soutiens arrivent de sorte que le nombre de voyages augmente d’année en année. Le succès aidant, un débat est né : qu’apportent véritablement ces voyages de mémoire aux élèves qui y participent ?

C’est sur cette toile de fond que cet ouvrage a été rédigé. On y trouvera des éclairages sur ce qu’apportent les institutions spécialisées dans ce domaine. On pourra y voir également comment les choses se passent, aussi bien lors de la préparation que sur les lieux de mémoire eux-mêmes. Et ceci en France mais aussi chez nos voisins anglais, belges, espagnols, italiens, suisses, ainsi qu’en Israël. Le cas d’Auschwitz est privilégié, mais d’autres lieux sont également examinés.
Translated Title: On a new antisemitic moment
Author(s): Birnbaum, Pierre
Date: 2015
Author(s): Potel, Jean-Yves
Date: 2009
Author(s): Knobel, Marc
Date: 2013
Abstract: La France n’est pas un pays raciste ou antisémite. Il n’y existe plus d’antisémitisme institutionnalisé comme cela fut le cas dans les années 40. Il faut donc éviter de dresser des comparaisons obscènes avec l’Occupation et la Shoah, mais on ne peut que constater que les violences, allant jusqu’à l’assassinat, et les menaces contre les juifs et leurs institutions, ont considérablement augmenté depuis l’année 2000.

Marc Knobel explique pourquoi les choses se sont envenimées à ce point, quelquefois dans l’indifférence des politiques et des médias. Il ne convient pas de faire de l’angélisme et d’ignorer la réalité. L’hostilité à l’endroit des juifs s’est largement développée chez les jeunes qui vivent dans des quartiers dits sensibles et qui, souvent discriminés ou victimisés, sont en quête d’identité et s’identifient aux Palestiniens.

Ils glissent très vite de l’antisionisme à l’antisémitisme, d’Israël à Juifs. Le conflit israélo-palestinien joue donc ici un rôle majeur. Notons que ce conflit sert aussi d’alibi à l’expression de l’antisémitisme dans des milieux plus privilégiés culturellement et socialement. De plus, les islamistes font des banlieues défavorisées le lieu préféré de diffusion de leurs idées. Dans les prêches ou à travers Internet, ils présentent une vision d’un Islam qui serait assiégé, menacé par les Américains, les Européens et les juifs.

Cette vision complotiste du monde est d’autant plus grave que de jeunes déshérités entendent et lisent régulièrement leur propagande, s’en nourrissent en pensant y trouver l’explication de leur désarroi dans une société qui n’a pas su les intégrer. Les antisémites pensent que les juifs sont protégés, ils imaginent qu’ils sont tous riches et puissants. Les vieux stéréotypes sont là. L’antisémitisme, tout comme toute autre forme de racisme, est inacceptable.

Il est une injure à la République et ses effets peuvent se révéler dramatiquement, car ceux qui utilisent et manient l’antisémitisme s’illustrent par leurs appels incessants à la haine, à la violence et au meurtre.
Date: 2006
Abstract: Que font les petits-enfants de l’histoire et des valeurs de leurs grands-parents quand ceux-ci ont connu l’immigration et traversé des épreuves majeures ? Comment tracent-ils leur propre chemin entre la fidélité au passé de leur famille, les tâches du présent, la préoccupation de transmettre à leurs enfants leurs références identitaires ? Comment se passent d’une génération à l’autre les traumatismes et les valeurs ? Quel regard les descendants des immigrés portent-ils sur leur histoire familiale ? Comment assument-ils la difficile responsabilité d’en témoigner ? Comment construisent-ils leur identité et leur place dans la société ? Les auteurs présentent et analysent vingt-cinq entretiens qu'ils ont menés avec des petits-enfants de Juifs venus de Pologne, qui ont connu l'exil, la difficile intégration en France, la guerre et la Shoah, les bouleversements historiques du XXe siècle. Deux entretiens réalisés en Pologne les complètent. A travers des récits de vie intense, les auteurs proposent une réflexion originale sur ces questions dont l'actualité récente en Europe a montré l'importance des enjeux individuels, sociaux, politiques. Ils éclairent aussi des aspects méconnus du judaïsme. A une époque où les migrations tendent à devenir un phénomène généralisé, où les guerres et les génocides se multiplient, les auteurs souhaitent contribuer à une réflexion sur le devenir des immigrés et de ceux qui ont été confrontés à un traumatisme historique majeur, et sur l'aide qu'ils pourraient recevoir.
Date: 1993
Date: 2020
Abstract: [Edited from press release]

Le bureau français de l’American Jewish Committee (AJC) a publié aujourd’hui sa première « radiographie » de l’antisémitisme en France ; une enquête sur les perceptions des Français et des Français de confession ou de culture juive sur la question de l’antisémitisme.

L’étude a été réalisée par l’institut de sondage IFOP, en partenariat avec la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol). Un échantillon de 505 Français juifs et de 1027 Français a été interrogé selon un questionnaire commun.


« Les statistiques publiées chaque année par le ministère de l’Intérieur, bien qu’essentielles, ne reflètent pas les différentes facettes du problème que représente l’antisémitisme dans notre pays. Les données existantes s’appuient principalement sur les plaintes déposées, mais elles ne tiennent pas compte de la perception du problème et de son impact sur la vie des citoyens français » explique Anne-Sophie Sebban-Bécache, directrice de l’AJC Paris.

Selon l’enquête, la majorité des Français comme des Français d’origine juive considère qu’il y a beaucoup d’antisémitisme en France et que le phénomène est en augmentation.

70% des Juifs français déclarent avoir été victimes d’au moins un incident antisémite au cours de leur vie (84% pour les Français juifs de moins de 25 ans). Un tiers des Français juifs se sentent menacés en raison de leur appartenance religieuse ; le sentiment de menace est beaucoup plus fort chez les Juifs pratiquants et les jeunes Juifs (moins de 35 ans). Les deux principaux lieux où des incidents antisémites se produisent sont la rue (54%) et l’école (55%). Pour 26 % des Français ayant subi une agression physique, cela s’est produit à l’école ou dans un contexte scolaire. Pour échapper à l’antisémitisme, les Français juifs évitent certains territoires (44%) et s’abstiennent d’afficher des symboles exprimant leur judaïsme (37%). Un quart des Français juifs ont déclaré avoir déjà évité de révéler leur appartenance à la communauté juive sur leur lieu de travail.

« Il est très inquiétant de constater que l’antisémitisme a un impact sur la vie et le mode de vie de la majorité des Français juifs. Nous remarquons amèrement que ces derniers n’ont pas de répit face à l’antisémitisme. Cela doit cesser » a déclaré Anne-Sophie Sebban-Bécache.

Un Français sur cinq déclare avoir déjà entendu une personne de son entourage dire du mal des Juifs. 16% des Français disent avoir déjà assisté à une agression verbale antisémite. La grande majorité des Français (73%) et des Français juifs (72%) considèrent que l’antisémitisme concerne la société française toute entière.

« L’antisémitisme fait partie de la vie quotidienne des Français dans leur ensemble. C’est un phénomène qu’ils perçoivent et qui les touche. C’est désormais une préoccupation pour toute la société française, et non plus seulement pour les Français d’origine juive. C’est donc la note finale encourageante et positive de cette enquête : nous ne sommes plus aussi seuls, pour combattre ce fléau, que nous avons pu l’être – ou avons eu le sentiment de l’être – par le passé. Cela doit se refléter dans les actions politiques ; la lutte contre l’antisémitisme doit être une priorité nationale disposant de moyens adéquats pour couvrir l’ensemble du territoire français. » conclut Anne-Sophie Sebban-Bécache.
Date: 2015
Abstract: À travers un retour sur nos terrains ethnologiques respectifs, nous nous proposons de comprendre comment se construisent les espaces du culte dans les rapports de genre. Ces terrains sont situés dans la périphérie parisienne, à Sarcelles, qui a connu une concentration importante de « populations juives », émigrées d’Afrique du Nord, depuis une ou deux générations; à Marseille et dans sa périphérie, première région où les « populations musulmanes » émigrées se sont installées en métropole, qui aujourd’hui sont majoritairement d’origine maghrébine et comorienne. Mais ils sont essentiellement circonscrits par des pratiques juives et musulmanes qui peuvent être multisituées et plurielles davantage que par des sites particuliers.

Nous souhaitons entrer dans les rapports de genre autrement qu’à partir des rapports constitués, ceux qui attribuent, en particulier dans l’univers religieux, des places différentes aux hommes et aux femmes contribuant à construire des positions et des identifications sexuées, conscientes ou non. Nous interrogeons donc les positions affichées, montrant la dynamique des relations, des jeux, des non-dits, prenant en compte les interactions entre les deux positions sexuées. De même, tenant compte de la façon dont les sujets construisent l’espace du culte, nos contributions respectives portent sur une ethnologie du quotidien, privilégiant l’étude des interstices et des entre-deux établissant ainsi une comparaison entre nos deux terrains par l’analyse d’axes transversaux.
Nous entendons « espace du culte » au sens d’un espace, qui sans être nécessairement construit à cet effet, est cependant institué et clairement défini spatialement et temporellement. Nous ne restreignons pas l’espace du culte à celui de la synagogue ou de la mosquée, d’une part parce que les édifices officiels sont trop étroits pour contenir la masse des fidèles qui investissent d’autres lieux ; d’autre part, parce que dans le judaïsme, comme en islam, les femmes ne sont pas obligées de fréquenter les lieux de culte au même titre que les hommes. Nous analysons donc plusieurs types d’espace – intermédiaire, interstitiel, privé mais sacralisé par des rituels – ainsi que les modalités de leur investissement. Ceux qui sont officiellement dédiés au culte doivent leur caractère religieux à la pratique collective permettant au groupe de faire communauté le temps d’un office. Mais ces lieux sont investis aussi par des relations sociales profanes et marqués par une alternance de temps religieux et de temps ordinaires. La multifonctionnalité des espaces du culte induit des spatialités mobiles liées aux diverses temporalités. Les temporalités, dans les espaces du culte, alternent temps ordinaires et temps religieux. Il arrive que des interactions sociales liées aux temps ordinaires interviennent dans les temps religieux et inversement. Les temporalités ne sont donc pas fixes mais aussi fluctuantes que les espaces sont poreux.

Au delà des règles dogmatiques légiférant l’accès des observantes juives ou musulmanes aux espaces du culte et qui contribuent à assigner un statut différencié aux femmes, nous verrons que la position et les identifications sexuées se construisent aussi dans l’interaction à l’autre.

Dans cette contribution, nous n’avons pas cherché à neutraliser le genre des chercheures pas plus que celui des sujets. Les situations vécues ont des effets sur l’ethnologue qui l’amènent à négocier et reconstruire constamment sa posture. Elles sont décrites ici comme des situations interstitielles, « d’entre-deux » ; comme des révélateurs de la construction sociale des genres, d’enjeux de statuts et de pouvoir qui nous informent sur le contexte « minoritaire » de l’islam et du judaïsme dans la société laïque française.
Date: 2015
Date: 2019
Abstract: 174 actes antisémites recensés en 2018 dont 2 agressions physiques.

Les réseaux sociaux concentrent la grande majorité des actes recensés dans ce rapport soit 64%.
Une tendance observée depuis plusieurs années. Les médias en général concentrent 24% des chiffres.

Principaux vecteurs d’antisémitisme

L’extrême-droite : recrudescence de leurs activités en 2018 et intensification des liens entretenu par ces groupes entre les différents cantons romands, la France et l’Italie.
A l’ère des fake news et des sites de « ré information», un nombre considérable de commentaires antisémites sur internet trouvent leur source dans le complotisme, particulièrement en ce qui concerne les milieux d’extrême-droite, d’extrême-gauche, islamistes ainsi que les mouvements dits de «dissidence ». 21% des actes recensés ont trait à la théorie du complot juif.
Le conflit israélo-palestinien reste une des sources permanentes d’antisémitisme. La nazification d’Israël et l’antisionisme concentrent 29% des actes.
Le négationnisme est toujours une réalité en Suisse. 26% des actes antisémites recensés concernent le négationnisme de la Shoah.
La banalisation de plus en plus fréquente du discours antisémite sous couvert de « blague potache » et dans le discours public.
L’année 2019 n’a pas démarré sous de meilleurs auspices. Le pseudo-humoriste Français Dieudonné M’Bala M’Bala, dans son dernier « spectacle » au Théâtre de Marens en janvier, a franchi une ligne rouge que la CICAD n’entend pas accepter sans agir. Par conséquent, la CICAD a dénoncé pénalement Dieudonné M’Bala M’Bala le 7 février 2019 suite à ses récents propos négationnistes.

Recommandations

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme doit se concevoir dans une approche d’éducation, de prévention tout en favorisant une mobilisation des plus actives. La CICAD émet plusieurs recommandations détaillées dans le présent rapport. L’introduction d’une reconnaissance de la qualité de partie pour les organisations afin qu’elles puissent agir face aux contrevenants à la norme pénale contre le racisme (article 261bis CP) est l’une d’entre elles.

Il est indispensable qu’une définition précise de l’antisémitisme soit adoptée en Suisse. La working definition de l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) sur l’antisémitisme est devenue la référence dans plusieurs états d’Europe.

Chaque acte antisémite est une atteinte à nos libertés et notre conscience collective qui mérite des prises de position publiques claires.

La Suisse n’est pas un « îlot » épargné par la hausse de l’antisémitisme observée en Europe même si ce dernier s’exprime moins violemment que dans d’autres pays.
Date: 2019
Abstract: Der Schweizerische Israelitische Gemeindebund SIG hat im Jahr 2018 42 antisemitische Vorfälle (exklusive Online) registriert. Darunter waren 1 Tätlichkeit, 11 Beschimpfungen und 5 Schmierereien und keine Sachbeschädigungen. Online, also in den sozialen Medien und den Kommentarspalten von Zeitungen, wurden 535 Vorfälle registriert. Überdies kommt noch eine Dunkelziffer an nicht gemeldeten Vorfällen hinzu.

Inhaltlich wurden vier verschiedene Kategorien unterschieden: Antisemitismus allgemein (148 Vorfälle), Schoahleugnung/-banalisierung (37), israelbezogener Antisemitismus (170) und zeitgenössische antisemitische Verschwörungstheorien (222). Gerade antisemitische Verschwörungstheorien haben in der heutigen Zeit
weiterhin enorm Konjunktur. Dabei werden die verschiedensten und absurdesten Theorien verknüpft, diese
weisen letztlich aber alle auf eine angebliche «jüdische Weltverschwörung» hin (vgl. Kapitel 2.1).

Über 90 Prozent der erfassten Online-Vorfälle stammen von den Social-Media-Plattformen Facebook und
Twitter. Diese Tendenz deckt sich auch mit den allgemeinen Feststellungen zu «Hate Speech» auf den
sozialen Medien. Weit weniger antisemitische Beiträge gibt es in den Kommentarspalten auf den Webseiten der
Schweizer Zeitungen. Dies liegt sicherlich auch daran, dass diese Kommentare vor der Veröffentlichung meist
kontrolliert werden (vgl. Kapitel 2.2).

Sogenannte «Trigger», Anlässe oder Ereignisse, die für einen begrenzten Zeitraum eine massiv höhere Anzahl an antisemitischen Vorfällen zur Folge haben, spielen bei der Verteilung der antisemitischen Vorfälle eine zentrale Rolle. Insbesondere im Internet werden viele der antisemitischen Kommentare durch ein bestimmtes Ereignis bzw. die Berichterstattung darüber ausgelöst. International sind dies vor allem Ereignisse im Nahen Osten. In der Schweiz waren besonders die Berichterstattungen über den Prozess gegen den Rechtsextremisten Kevin G., ein Blick-Artikel über muslimischen Antisemitismus, der Angriff eines mit einem Messer bewaffneten Mannes auf eine Gruppe Juden sowie die Diskussion um jüdisch-orthodoxe Feriengäste Auslöser für überdurchschnittlich viele antisemitische Kommentare und Posts (vgl. Kapitel 2.4)


La Fédération suisse des communautés israélites FSCI a recensé un total de 42 incidents antisémites (occurrences en ligne non comprises), dont 1 cas de voie de fait, 11 cas d’insultes et 5 de graffitis, mais pas de déprédations. En ligne, c’est-à-dire dans les médias sociaux et les colonnes de commentaires des journaux en ligne, 535 incidents ont été enregistrés. Ceci sans compter les cas n’ayant fait l’objet ni d’un signalement ni d’un recensement.

Quatre catégories d’incidents différentes ont été déterminées en fonction de leur teneur : antisémitisme général (148 incidents), négation et banalisation de la Shoah (37), antisémitisme en rapport avec Israël (170) et
théories du complot antisémites contemporaines (222). Cette dernière catégorie des théories complotistes antisémites connaît une croissance importante à l’heure actuelle. Les théories les plus diverses et les plus
absurdes se combinent pour, en fin de compte, toutes aboutir à une prétendue « conspiration mondiale juive »
(voir chapitre 2.1).
Plus de 90 pour cent des incidents en ligne ont pour
origine les plateformes de médias sociaux Facebook et
Twitter. Cette tendance est corroborée par ce que l’on
sait d’une manière générale des propos haineux circulant sur les réseaux sociaux. Beaucoup moins nombreuses sont les entrées antisémites que l’on trouve
dans les colonnes de commentaires des sites des
journaux suisses, ce qui s’explique certainement par le
fait qu’elles sont généralement contrôlées avant d’être
publiées (voir chapitre 2.2).
On appelle « déclencheurs » des circonstances ou des
événements ayant pour effet, durant une période limitée, une augmentation massive du nombre d’incidents
antisémites : ils ont un impact considérable sur l’occurrence et le nombre d’incidents antisémites. Sur Internet
en particulier, nombreux sont les commentaires suscités
par un certain événement ou un reportage. Sur le plan
international, ils ont surtout pour cause des événements
au Proche-Orient. En Suisse, les articles de journaux
portant sur le procès intenté à l’extrémiste de droite Kevin G., un article du Blick sur l’antisémitisme musulman
et l’attaque au couteau d’un homme contre un groupe
de vacanciers juifs orthodoxes ont provoqué un nombre
particulièrement élevé de commentaires et de posts antisémites (voir chapitre 2.4).
Date: 2018
Abstract: ON NE PEUT RAISONNABLEMENT PAS PARLER DE BAISSE DE L’ANTISEMITISME

Le nombre d’ACTES antisémites (ACTIONS + MENACES) ayant donné lieu à un dépôt de plainte est passé de 335 en 2016 à 311 en 2017. Soit une baisse de 7%.

‣ Mais ce chiffre est faussement encourageant. Relevons certaines réalités qui doivent être prises en compte dans l’analyse:

Le nombre des ACTIONS antisémites (attentat ou tentative, homicide ou tentative, violence, incendie ou tentative, dégradation ou vandalisme) ayant donné lieu à un dépôt de plainte est passé de 77 en 2016 à 97 en 2017. Soit une hausse de 26%.

Parmi ces violences, notons l’assassinat sauvage de Sarah Halimi (z’l), une femme de 65 ans, à son domicile dans le 11ème arrondissement de Paris.

Le nombre des MENACES antisémites (propos / geste menaçant ou démonstration injurieuse, tract / courrier, inscription) a diminué de 17% en 2017 comparativement à 2016 (214 contre 258).

Précisons que plusieurs facteurs viennent relativiser cette baisse :

✓ La comptabilisation des MENACES n’inclut que quelques faits relevés sur Internet mais pas la pleine activité antisémite sur Internet. Or, la majeure partie des discours et propagandes antisémites a migré vers Internet ces
dernières années.
✓ Le curseur de l’antisémitisme en France est allé tellement loin, jusqu’au terrorisme, assassinant même des enfants, des vieilles dames, que les témoins ou victimes de « l’antisémitisme du quotidien » manifestent une
sorte de résignation et d’habituation. Ils ne déposent plus plainte pour des faits considérés comme « mineurs » comparativement aux violences physiques antisémites. Or ces mêmes actes du quotidien donnaient lieu à
des plaintes il y encore quelques années. Une partie de ces « signaux plus faibles » ne sont plus dénoncés alors que leur gravité et leurs conséquences désastreuses restent entières

De nombreuses victimes d’actes antisémites disent ne pas porter plainte par peur de représailles.
✓ De nombreuses victimes d’actes antisémites sont peu confiantes sur l’aboutissement d’une enquête et sur l’issue d’une procédure pénale.
Le nombre des MENACES antisémites ayant donné lieu à une plainte représente donc un volume très inférieur à la réalité.
En 2017, une augmentation très forte des ACTIONS antisémites (+26%) et une baisse « artificielle » des MENACES (-17%) conduisent à une vraie inquiétude et à la nécessité de plans d’action forts et immédiats en matière d’éducation, de prévention et de sanction.
‣ 1 acte raciste sur 3 commis en France en 2017 est dirigé contre un Juif. Rappelons que les Français juifs représentent moins de 1% de la population et subissent 33% des actes racistes.
‣ L'antisionisme et la haine d'Israël prolifèrent de façon décomplexée, voire admise. Ils oeuvrent comme des paravents masquant, voire légitimant l’antisémitisme. Comment mesurer et étudier un phénomène pour le combattre si on lui permet de se dissimuler ? Comment cautionner un délit par un autre délit ?
Author(s): Vapné, Lisa
Date: 2013
Abstract: Cette thèse étudie la politique migratoire vis-à-vis d’un groupe ethnicisé accueilli en raison de son identité putative, tout comme analyse la relation à une identité assignée de ces migrants. Dans une première partie, la recherche porte sur la construction par l’Allemagne entre 1990 et 2010 d’une politique d’accueil destinée à des personnes identifiées comme juives par leurs papiers d’identité et résidant sur le territoire de l’ex-Union soviétique, dans le but de renforcer démographiquement la Communauté juive allemande : dans ce cadre, en vingt ans, plus de 200 000 personnes catégorisées comme « réfugiés du contingent » puis comme « migrants juifs » ont immigré en Allemagne. Nous y montrons qu’il est attendu de ces migrants qu’ils remplacent symboliquement les Juifs d’Allemagne émigrés avant 1933 ou exterminés sous le IIIe Reich. Mais, en raison de l’inadéquation entre les Juifs espérés et les migrants juifs postsoviétiques, déjudaisés et rencontrant des problèmes d’intégration professionnelle en Allemagne, l’accueil de ces migrants va progressivement se restreindre. À travers la mise en doute de l’authenticité de leurs papiers d’identité, la véracité de leur identité juive va être questionnée. Dans une seconde partie, s’appuyant sur des entretiens biographiques, ce travail analyse la mise en récit de l’identification comme Juif de ces migrants, avant l’immigration, pendant le processus migratoire et après l’immigration, interrogeant le passage d’une identification comme Juif stigmatisante à une identification valorisante puisque clef d’entrée pour l’immigration en Allemagne.
Author(s): Vedenyapina, Dasha
Date: 2018
Abstract: My thesis is about new identities experienced by Russian Jews and the construction of the Jewish community. Jewish identity in the Soviet Union was based solely on ethnicity. Soviet passports contained the graph of ethnicity and Jews were considered to be a nationality. It is important to stress on the fact that Jewish identity in the Soviet Union can be characterised as a negative one. It was through the State antisemitism that Jews were defined, being suppressed and discriminated in the social field. With the collapse of The Soviet Union, the situation changed dramatically: those who had been discriminated obtained a rare opportunity to reconstruct their Jewish identity through religion, the rebirth of Jewish tradition and equal rights with the rest of the population. With all that, the auto-definition through ethnicity still persist, among the young generation as well as among the older ones. The quantitative part of my research shows that around 50% of respondents suppose that it is one’s parentage that defines one’s jewishness. In this work I also pay attention to family transmission and collective memory and their contribution to the construction of new types of identities.

I show that the identity the young generation obtained from their parents needed to be developed in the new post-soviet reality. So, they have transformed the “passive”, negative Soviet-time identity into new ones, religious or secular, - the principal point is that they are “active”. The construction of active identity demands the construction of the environment, the community. In the second part of the thesis I demonstrate the way this community functions in social, cultural and political spheres. I take the president elections of 2018 in Russia as an example of community act, following the possible trajectories of vote as well as problematizing the existence of community vote among Jews on contemporary Russia.

Within the framework of my thesis I took 15 interviews with Jews from different types of communities: the orthodox communities, the reformist one, as well as from so called “secular Jews” attending events in various Jewish clubs and organisations. I also distributed a questionnaire (84 answers) containing questions on the two basic topics of the research: the construction of Jewish identities and the political identity of the respondents.
Translated Title: The New Judeophobia
Date: 2007
Abstract: Il serait dramatique, et éminemment regrettable, qu'aucune voix ne s'élève aujourd'hui pour dénoncer « l'antisémitisme », dont les manifestations spectaculaires se sont multipliées au cours des deux dernières années - sans que les médias ne leur accordent la moindre place, à quelques exceptions près, - au moment même où se produit une très forte résurgence. Pierre-André Taguieff nous alerte sur cette seconde vague, post-nazie, ayant pris une forme tout à fait nouvelle : héritière des arguments traditionnels de l'antisémitisme, elle allie antisionisme et processus d'islamisation. Il la nomme nouvelle judéophobie. Ses expressions les plus récentes : en France, la multiplication des actes déliquants contre des synagogues, mais aussi les insultes et menaces adressées à des familles juives installées en banlieue, et tout récemment, un certain match de football France-Algérie ; au niveau international, la conférence de Durban, à la fin du mois d'août 2001, au cours de laquelle se jouèrent des pressions énormes pour stigmatiser et exclure les organisations israéliennes et juives ; et puis, les déclarations d'Oussama ben Laden depuis le 11 septembre. Dans le nouveau contexte géopolitique qui s'est brutalement dessiné, les intellectuels et la presse français restent curieusement muets, comme pétrifiés. Ils sont pris entre les thématiques de la victimisation sociologique des jeunes de banlieue et la dénonciation du fanatisme islamique. Pourtant, il est urgent de refuser intolérance et fanatisme, de décrire une évolution inquiétante très précisément, et de dénoncer toute pensée « amalgamante ». Le livre est né d'une communication donnée par l'auteur au Sénat lors du colloque « Les nouveaux visages de l'antisémitisme », le 14 octobre 2001.