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Translated Title: On a new antisemitic moment
Author(s): Birnbaum, Pierre
Date: 2015
Author(s): Birnbaum, Pierre
Date: 2000
Author(s): Knobel, Marc
Date: 2013
Abstract: La France n’est pas un pays raciste ou antisémite. Il n’y existe plus d’antisémitisme institutionnalisé comme cela fut le cas dans les années 40. Il faut donc éviter de dresser des comparaisons obscènes avec l’Occupation et la Shoah, mais on ne peut que constater que les violences, allant jusqu’à l’assassinat, et les menaces contre les juifs et leurs institutions, ont considérablement augmenté depuis l’année 2000.

Marc Knobel explique pourquoi les choses se sont envenimées à ce point, quelquefois dans l’indifférence des politiques et des médias. Il ne convient pas de faire de l’angélisme et d’ignorer la réalité. L’hostilité à l’endroit des juifs s’est largement développée chez les jeunes qui vivent dans des quartiers dits sensibles et qui, souvent discriminés ou victimisés, sont en quête d’identité et s’identifient aux Palestiniens.

Ils glissent très vite de l’antisionisme à l’antisémitisme, d’Israël à Juifs. Le conflit israélo-palestinien joue donc ici un rôle majeur. Notons que ce conflit sert aussi d’alibi à l’expression de l’antisémitisme dans des milieux plus privilégiés culturellement et socialement. De plus, les islamistes font des banlieues défavorisées le lieu préféré de diffusion de leurs idées. Dans les prêches ou à travers Internet, ils présentent une vision d’un Islam qui serait assiégé, menacé par les Américains, les Européens et les juifs.

Cette vision complotiste du monde est d’autant plus grave que de jeunes déshérités entendent et lisent régulièrement leur propagande, s’en nourrissent en pensant y trouver l’explication de leur désarroi dans une société qui n’a pas su les intégrer. Les antisémites pensent que les juifs sont protégés, ils imaginent qu’ils sont tous riches et puissants. Les vieux stéréotypes sont là. L’antisémitisme, tout comme toute autre forme de racisme, est inacceptable.

Il est une injure à la République et ses effets peuvent se révéler dramatiquement, car ceux qui utilisent et manient l’antisémitisme s’illustrent par leurs appels incessants à la haine, à la violence et au meurtre.
Date: 2020
Author(s): Sherwood, Yvonne
Date: 2020
Date: 2006
Abstract: Que font les petits-enfants de l’histoire et des valeurs de leurs grands-parents quand ceux-ci ont connu l’immigration et traversé des épreuves majeures ? Comment tracent-ils leur propre chemin entre la fidélité au passé de leur famille, les tâches du présent, la préoccupation de transmettre à leurs enfants leurs références identitaires ? Comment se passent d’une génération à l’autre les traumatismes et les valeurs ? Quel regard les descendants des immigrés portent-ils sur leur histoire familiale ? Comment assument-ils la difficile responsabilité d’en témoigner ? Comment construisent-ils leur identité et leur place dans la société ? Les auteurs présentent et analysent vingt-cinq entretiens qu'ils ont menés avec des petits-enfants de Juifs venus de Pologne, qui ont connu l'exil, la difficile intégration en France, la guerre et la Shoah, les bouleversements historiques du XXe siècle. Deux entretiens réalisés en Pologne les complètent. A travers des récits de vie intense, les auteurs proposent une réflexion originale sur ces questions dont l'actualité récente en Europe a montré l'importance des enjeux individuels, sociaux, politiques. Ils éclairent aussi des aspects méconnus du judaïsme. A une époque où les migrations tendent à devenir un phénomène généralisé, où les guerres et les génocides se multiplient, les auteurs souhaitent contribuer à une réflexion sur le devenir des immigrés et de ceux qui ont été confrontés à un traumatisme historique majeur, et sur l'aide qu'ils pourraient recevoir.
Date: 2013
Date: 1993
Date: 2020
Abstract: [Edited from press release]

Le bureau français de l’American Jewish Committee (AJC) a publié aujourd’hui sa première « radiographie » de l’antisémitisme en France ; une enquête sur les perceptions des Français et des Français de confession ou de culture juive sur la question de l’antisémitisme.

L’étude a été réalisée par l’institut de sondage IFOP, en partenariat avec la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol). Un échantillon de 505 Français juifs et de 1027 Français a été interrogé selon un questionnaire commun.


« Les statistiques publiées chaque année par le ministère de l’Intérieur, bien qu’essentielles, ne reflètent pas les différentes facettes du problème que représente l’antisémitisme dans notre pays. Les données existantes s’appuient principalement sur les plaintes déposées, mais elles ne tiennent pas compte de la perception du problème et de son impact sur la vie des citoyens français » explique Anne-Sophie Sebban-Bécache, directrice de l’AJC Paris.

Selon l’enquête, la majorité des Français comme des Français d’origine juive considère qu’il y a beaucoup d’antisémitisme en France et que le phénomène est en augmentation.

70% des Juifs français déclarent avoir été victimes d’au moins un incident antisémite au cours de leur vie (84% pour les Français juifs de moins de 25 ans). Un tiers des Français juifs se sentent menacés en raison de leur appartenance religieuse ; le sentiment de menace est beaucoup plus fort chez les Juifs pratiquants et les jeunes Juifs (moins de 35 ans). Les deux principaux lieux où des incidents antisémites se produisent sont la rue (54%) et l’école (55%). Pour 26 % des Français ayant subi une agression physique, cela s’est produit à l’école ou dans un contexte scolaire. Pour échapper à l’antisémitisme, les Français juifs évitent certains territoires (44%) et s’abstiennent d’afficher des symboles exprimant leur judaïsme (37%). Un quart des Français juifs ont déclaré avoir déjà évité de révéler leur appartenance à la communauté juive sur leur lieu de travail.

« Il est très inquiétant de constater que l’antisémitisme a un impact sur la vie et le mode de vie de la majorité des Français juifs. Nous remarquons amèrement que ces derniers n’ont pas de répit face à l’antisémitisme. Cela doit cesser » a déclaré Anne-Sophie Sebban-Bécache.

Un Français sur cinq déclare avoir déjà entendu une personne de son entourage dire du mal des Juifs. 16% des Français disent avoir déjà assisté à une agression verbale antisémite. La grande majorité des Français (73%) et des Français juifs (72%) considèrent que l’antisémitisme concerne la société française toute entière.

« L’antisémitisme fait partie de la vie quotidienne des Français dans leur ensemble. C’est un phénomène qu’ils perçoivent et qui les touche. C’est désormais une préoccupation pour toute la société française, et non plus seulement pour les Français d’origine juive. C’est donc la note finale encourageante et positive de cette enquête : nous ne sommes plus aussi seuls, pour combattre ce fléau, que nous avons pu l’être – ou avons eu le sentiment de l’être – par le passé. Cela doit se refléter dans les actions politiques ; la lutte contre l’antisémitisme doit être une priorité nationale disposant de moyens adéquats pour couvrir l’ensemble du territoire français. » conclut Anne-Sophie Sebban-Bécache.
Date: 2019
Abstract: [Edited from press release]

The AJC Paris study was conducted by IFOP, a leading polling firm, in partnership with Fondapol, a major French think tank. They polled 505 French Jews and 1027 French people between October 14 and November 19, 2019.

As antisemitism in France continues to spiral, Jews and the general population in France agree on the magnitude of the problem, according to the American Jewish Committee (AJC) Paris survey of perceptions of and experiences with antisemitism in France.

But alignment on the antisemitism threat to French society, and the government’s weak responsiveness, does not mitigate the fears of Jews about their safety and future in France.

Nearly three-quarters, 73%, of the French public, and 72% of Jews, consider antisemitism a problem that affects all of French society. 47% of the general public and 67% of the Jewish respondents say the level of antisemitism in France is high, while 27% and 22%, respectively, say it is low.

While 53% of the general public say antisemitism has been increasing, and 18% decreasing, in recent years, 77% of Jews say it has increased and 12% decreased.

The AJC Paris survey found that 70 percent of French Jews say they have been victims of at least one antisemitic incident in their lifetime, 64% have suffered anti-Semitic verbal abuse at least once, and 23% have been targets of physical violence on at least one occasion, with 10 percent saying they were attacked several times.

The continued spiraling of antisemitism in France has led significant percentages of the Jewish population to take protective actions. More than one-third, 37%, refrain from using visible Jewish symbols, 25% avoid revealing their Jewish identity in the workplace, and 52% have considered leaving France.

Overall, 44% of the Jewish sample say the situation for French Jews is worse than a year ago, only 11% say it is better and 42% no better or worse.

The youngest Jews, ages 18-24, are on the “front line” more than older cohorts in confronting antisemitism. 84% of them have suffered at last one antisemitic act, compared with 70% of all respondents; 79 percent had suffered verbal abuse, compared with 64% of all respondents, and 39% faced an act of physical aggression, compared with 23% of the full Jewish sample.

Visibly religious French Jews feel the most vulnerable, with 74% of them saying they had been a victim of at least one act of verbal abuse, compared with 64% of the full Jewish sample.

The main locations where antisemitic incidents occur the most are in the street and school. 55% said they had been insulted or threatened on the street, and 59% said they had suffered physical abuse in the school.

54% were victims of verbal abuse, and 26% had been victims of antisemitic violence in schools.

But equally disturbing is the finding that 46% said they had suffered anti-Semitic verbal abuse in the workplace.

Regarding the responsiveness of elected officials, Jews and the general public agree. Only 47% of Jews and 48% of the general public have confidence in the President of France tackling antisemitism, 46% of Jews and 41% of the public in the French government, and 58% of Jews and 56% of the public in local elected officials

Author(s): Arkin, Kimberly A.
Date: 2018
Date: 2015
Abstract: À travers un retour sur nos terrains ethnologiques respectifs, nous nous proposons de comprendre comment se construisent les espaces du culte dans les rapports de genre. Ces terrains sont situés dans la périphérie parisienne, à Sarcelles, qui a connu une concentration importante de « populations juives », émigrées d’Afrique du Nord, depuis une ou deux générations; à Marseille et dans sa périphérie, première région où les « populations musulmanes » émigrées se sont installées en métropole, qui aujourd’hui sont majoritairement d’origine maghrébine et comorienne. Mais ils sont essentiellement circonscrits par des pratiques juives et musulmanes qui peuvent être multisituées et plurielles davantage que par des sites particuliers.

Nous souhaitons entrer dans les rapports de genre autrement qu’à partir des rapports constitués, ceux qui attribuent, en particulier dans l’univers religieux, des places différentes aux hommes et aux femmes contribuant à construire des positions et des identifications sexuées, conscientes ou non. Nous interrogeons donc les positions affichées, montrant la dynamique des relations, des jeux, des non-dits, prenant en compte les interactions entre les deux positions sexuées. De même, tenant compte de la façon dont les sujets construisent l’espace du culte, nos contributions respectives portent sur une ethnologie du quotidien, privilégiant l’étude des interstices et des entre-deux établissant ainsi une comparaison entre nos deux terrains par l’analyse d’axes transversaux.
Nous entendons « espace du culte » au sens d’un espace, qui sans être nécessairement construit à cet effet, est cependant institué et clairement défini spatialement et temporellement. Nous ne restreignons pas l’espace du culte à celui de la synagogue ou de la mosquée, d’une part parce que les édifices officiels sont trop étroits pour contenir la masse des fidèles qui investissent d’autres lieux ; d’autre part, parce que dans le judaïsme, comme en islam, les femmes ne sont pas obligées de fréquenter les lieux de culte au même titre que les hommes. Nous analysons donc plusieurs types d’espace – intermédiaire, interstitiel, privé mais sacralisé par des rituels – ainsi que les modalités de leur investissement. Ceux qui sont officiellement dédiés au culte doivent leur caractère religieux à la pratique collective permettant au groupe de faire communauté le temps d’un office. Mais ces lieux sont investis aussi par des relations sociales profanes et marqués par une alternance de temps religieux et de temps ordinaires. La multifonctionnalité des espaces du culte induit des spatialités mobiles liées aux diverses temporalités. Les temporalités, dans les espaces du culte, alternent temps ordinaires et temps religieux. Il arrive que des interactions sociales liées aux temps ordinaires interviennent dans les temps religieux et inversement. Les temporalités ne sont donc pas fixes mais aussi fluctuantes que les espaces sont poreux.

Au delà des règles dogmatiques légiférant l’accès des observantes juives ou musulmanes aux espaces du culte et qui contribuent à assigner un statut différencié aux femmes, nous verrons que la position et les identifications sexuées se construisent aussi dans l’interaction à l’autre.

Dans cette contribution, nous n’avons pas cherché à neutraliser le genre des chercheures pas plus que celui des sujets. Les situations vécues ont des effets sur l’ethnologue qui l’amènent à négocier et reconstruire constamment sa posture. Elles sont décrites ici comme des situations interstitielles, « d’entre-deux » ; comme des révélateurs de la construction sociale des genres, d’enjeux de statuts et de pouvoir qui nous informent sur le contexte « minoritaire » de l’islam et du judaïsme dans la société laïque française.
Date: 2015
Date: 2019
Date: 2018
Abstract: ON NE PEUT RAISONNABLEMENT PAS PARLER DE BAISSE DE L’ANTISEMITISME

Le nombre d’ACTES antisémites (ACTIONS + MENACES) ayant donné lieu à un dépôt de plainte est passé de 335 en 2016 à 311 en 2017. Soit une baisse de 7%.

‣ Mais ce chiffre est faussement encourageant. Relevons certaines réalités qui doivent être prises en compte dans l’analyse:

Le nombre des ACTIONS antisémites (attentat ou tentative, homicide ou tentative, violence, incendie ou tentative, dégradation ou vandalisme) ayant donné lieu à un dépôt de plainte est passé de 77 en 2016 à 97 en 2017. Soit une hausse de 26%.

Parmi ces violences, notons l’assassinat sauvage de Sarah Halimi (z’l), une femme de 65 ans, à son domicile dans le 11ème arrondissement de Paris.

Le nombre des MENACES antisémites (propos / geste menaçant ou démonstration injurieuse, tract / courrier, inscription) a diminué de 17% en 2017 comparativement à 2016 (214 contre 258).

Précisons que plusieurs facteurs viennent relativiser cette baisse :

✓ La comptabilisation des MENACES n’inclut que quelques faits relevés sur Internet mais pas la pleine activité antisémite sur Internet. Or, la majeure partie des discours et propagandes antisémites a migré vers Internet ces
dernières années.
✓ Le curseur de l’antisémitisme en France est allé tellement loin, jusqu’au terrorisme, assassinant même des enfants, des vieilles dames, que les témoins ou victimes de « l’antisémitisme du quotidien » manifestent une
sorte de résignation et d’habituation. Ils ne déposent plus plainte pour des faits considérés comme « mineurs » comparativement aux violences physiques antisémites. Or ces mêmes actes du quotidien donnaient lieu à
des plaintes il y encore quelques années. Une partie de ces « signaux plus faibles » ne sont plus dénoncés alors que leur gravité et leurs conséquences désastreuses restent entières

De nombreuses victimes d’actes antisémites disent ne pas porter plainte par peur de représailles.
✓ De nombreuses victimes d’actes antisémites sont peu confiantes sur l’aboutissement d’une enquête et sur l’issue d’une procédure pénale.
Le nombre des MENACES antisémites ayant donné lieu à une plainte représente donc un volume très inférieur à la réalité.
En 2017, une augmentation très forte des ACTIONS antisémites (+26%) et une baisse « artificielle » des MENACES (-17%) conduisent à une vraie inquiétude et à la nécessité de plans d’action forts et immédiats en matière d’éducation, de prévention et de sanction.
‣ 1 acte raciste sur 3 commis en France en 2017 est dirigé contre un Juif. Rappelons que les Français juifs représentent moins de 1% de la population et subissent 33% des actes racistes.
‣ L'antisionisme et la haine d'Israël prolifèrent de façon décomplexée, voire admise. Ils oeuvrent comme des paravents masquant, voire légitimant l’antisémitisme. Comment mesurer et étudier un phénomène pour le combattre si on lui permet de se dissimuler ? Comment cautionner un délit par un autre délit ?
Author(s): Hochberg, Gil Z.
Date: 2016
Author(s): Staetsky, L. Daniel
Date: 2019
Abstract: Is criticism of Israel antisemitic? Do anti-Israel views and attitudes constitute a “new antisemitism”? These questions have occupied the minds of many academics and pubic intellectuals – both Jewish and non-Jewish – since the beginning of the twenty-first century. So far, no consensus has emerged. The definitions of antisemitism are many but all have been contested to varying degrees. This paper offers a brief survey of the definitions of antisemitism and the way in which these definitions accommodate anti-Israel and/or anti-Zionist views and attitudes. This is done, however, by way of introduction and without any assessment of the quality of the definitions in scientific terms, or their acceptability in political terms. The overview simply provides the background and the motivation for the main subject of the paper. The Jewish public’s perception of the link between antisemitism and anti-Israel/anti-Zionist attitudes forms the main focus of this paper. This is, to my knowledge, the first time that this subject has been treated in a strictly empirical, quantitative manner using large datasets.

What does the Jewish public, as opposed to the intellectual elite, think about the link between antisemitism and anti-Zionism? This question has so far remained unexplored, and in this paper I attempt to answer it utilising a newly created dataset. In summer 2012, a survey of experiences and perceptions of antisemitism among Jews took place in selected European countries.

Using advanced statistical techniques, it is possible to explore the extent to which the Jewish public makes a distinction between classic antisemitic and anti-Israel/anti-Zionist statements. Are anti-Israel/anti-Zionist statements perceived as antisemitic by Jews? Are they perceived to be antisemitic to the same extent as other, more classic, antisemitic statements? The paper addresses these questions focusing on the British and French samples of Jews, and comparing and contrasting insights produced by these two contexts.