Abstract: Tout en considérant, depuis près d’un siècle et demi, l’antisémitisme comme l’un des ciments du discours de la droite nationaliste française, il est nécessaire de reconnaitre que la passion antijuive n’est pas absente des rangs d’une gauche qui, depuis l’affaire Dreyfus, s’est en partie construite sur le rejet sans équivoque – sinon toujours en actes, du moins en discours – de l’antisémitisme. Depuis le début du xxie siècle, l’antisémitisme à gauche s’est exprimé sous des formes diverses dont certaines sont anciennes : anticapitaliste, antisioniste, complotiste, flirtant parfois, ce qui est plus nouveau, avec un antijudaïsme d’inspiration islamique. Inégalement condamné et jamais ouvertement revendiqué par les différents courants qui se situent à gauche de notre échiquier politique, l’antisémitisme, reste aux yeux de bon nombre de dirigeants et de sympathisants de gauche, associé à l’extrême droite. Le présent article vise à démontrer que la gauche française, a fortiori dans ses composantes les plus radicales, n’est pas épargnée, en particulier depuis le 7 octobre 2023, par l’antisémitisme.