Abstract: La création de l’État d’Israël, en 1948, reconfigure profondément les migrations juives internationales, et la France devient, surtout après 1967, l’un des foyers réguliers de l’alya, terme désignant l’immigration juive vers Israël. Depuis les années 2000, les départs s’intensifient et se diversifient, désormais motivés moins par l’idéologie sioniste que par un sentiment d’insécurité croissante en France. Malgré le paradoxe d’une installation dans un pays en guerre, les migrants placent en Israël une confiance forte, parfois idéalisée, dans sa capacité à assurer leur protection. Cette migration en provenance de France apparaît alors comme un mouvement ambivalent, pris entre urgence ressentie et avenir incertain, et marqué par une structuration communautaire exposée aux enjeux sécuritaires en France comme aux influences du sionisme religieux en Israël.