Abstract: La séquence génocidaire déclenchée le 7 octobre 2023 par le Hamas n’a pas seulement engendré une catastrophe humanitaire de grande ampleur, elle a également servi de détonateur à une libération de la parole antisémite dans des proportions et sous des formes que l’on croyait reléguées aux marges les plus extrêmes de l’espace public occidental. Bien au-delà des slogans violents ou des propos haineux épisodiques, ce sont des tropes antisémites pluriséculaires – que l’on pensait à jamais disqualifiés par leur association historique avec la Shoah – qui opèrent aujourd’hui un retour tonitruant dans le débat public, et ce jusqu’au sein des médias les plus respectés. Au centre de ces motifs éculés, celui du Juif tueur d’enfants, buveur de sang et figure surnaturelle du mal refait surface. Le Juif
(certes déguisé en sioniste), n’apparaît plus comme citoyen, soldat ou acteur politique, mais comme incarnation du mal absolu. L’imagerie du vampire, du sacrificateur, du boucher – jusque-là instruments de la propagande nazie, des
pamphlets d’extrême droite, de la rhétorique de l’ultra-gauche radicale et des médias arabo-musulmans les plus haineux – refleurit aujourd’hui… dans la presse grand public européenne.
Abstract: Les différentes réalités de l’antisémitisme sont enfin objectivées.
L’Institut Jonathas présente les résultats du premier sondage réalisé en Belgique sur la perception des Juifs, de l’antisémitisme, des autres minorités et de la guerre en cours à Gaza et en Israël.
Créé en mars 2024, l’Institut Jonathas est un centre d’études et d’action contre l’antisémitisme et contre tout ce qui le favorise en Belgique. Il a demandé à IPSOS d’objectiver et de mesurer, à la veille des élections du 9 juin, les opinions des Belges sur des sujets qui sont au cœur de sa raison d’être.
IPSOS a interrogé, du 8 au 12 mai, un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population belge de 18 ans et plus, avec le même panel et la même méthodologie que pour les sondages politiques.
En l’absence de sondages pouvant tenir lieu de points de comparaison en Belgique, plusieurs questions ont été reprises de sondages récents menés en France par IPSOS ou par IFOP. Les résultats français sont indiqués ci-après, lorsque la comparaison avec les résultats belges est pertinente.
Le sondage réalisé par IPSOS pour l’Institut Jonathas met en lumière et objective les différentes facettes de l’image des Juifs et de l’antisémitisme dans la société belge :
Une image très moyenne des Juifs, 80 ans après la Shoah.
Des marqueurs d’antisémitisme primaire prégnants dans toutes les composantes de la société belge et sur-représentés à l’extrême-gauche, à l’extrême-droite et chez les musulmans
En plus de ces préjugés « traditionnels » (argent, pouvoir, religion…), des marqueurs d’antisémitisme dit « secondaire », aboutissant à banaliser la Shoah et à nazifier Israël
Une méconnaissance générale des Juifs, du judaïsme et de la réalité de l’antisémitisme en Belgique
Trois premières sources d’antisémitisme en Belgique, selon les Belges : l’hostilité à Israël, l’islamisme radical et les préjugés sur les Juifs
Un écho limité chez les Belges des sujets relatifs à Israël, à la Palestine et à la guerre, à l’exception d’une minorité dont certains éléments souhaitent la destruction de l’Etat d’Israël
Distance ou indifférence d’environ 50% des Belges vis-à-vis de la guerre entre Israël et le Hamas, mais aussi polarisation sur ce conflit de segments précis de la population belge.
La guerre, source d’inquiétude pour les Juifs en Belgique selon la majorité des Belges, mais aussi matière à hostilité contre les Juifs en Belgique pour une minorité de Belges
Un antisémitisme s’inscrivant dans une société belge plutôt tendue et inquiète concernant ses relations avec les différents groupes minoritaires et, en particulier, les musulmans et les Maghrébins.