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Date: 2025
Abstract: Qu’il s’agisse d’un livre de recettes « juives », d’un cours dispensé à un jeune couple par un rabbin sur les lois « juives » du mariage, d’une défense pamphlétaire de l’État d’Israël en tant qu’État « juif » ou de la publication d’un texte psychanalytique sur le Moïse de la Bible hébraïque, toutes ces activités participent à une production définitionnelle à la fois collective, publique, collaborative ou conflictuelle du fait « juif ». Dans le monde francophone, celle-ci se déploie dans un espace public spécifique se constituant en lieu de « production » de judéité. En tant qu’espace d’identification incluant — mais sans jamais pouvoir entièrement s’y réduire — des dimensions ethniques, religieuses, diasporiques, culturelles, politiques et nationales, le judaïsme contemporain, de fait, est profondément hétérogène. Il est constitué d’une multitude de microcosmes plus ou moins autonomes et est traversé tant par différentes dynamiques de sécularisation que de réaffiliations religieuses. Dans ce contexte, existe-t-il un ou plusieurs principes permettant de « tenir » ensemble toutes ses composantes ? Cette thèse porte sur l’économie de la légitimité au sein du judaïsme francophone, appréhendé à l’aide de la théorie des champs. La problématique qui guide ce travail peut être synthétisée par l’interrogation suivante : qui parle au nom des Juifs et à quelles conditions ? Au croisement de la sociologie politique, des sciences sociales du religieux, des études juives et de la sociologie des champs, les analyses présentées dans cette enquête s’appuient sur des matériaux hétéroclites : quatre-vingts entrevues réalisées avec des figures publiques du judaïsme francophone, une observation participante menée en yeshiva et la construction de deux bases de données statistiques. Quatre axes majeurs ont été couverts : la lutte contre l’antisémitisme, une série d’antagonismes dont le sous-champ religieux est l’épicentre et portant sur la position à adopter face au « sujet » moderne, le sionisme-religieux et le sépharadisme québécois. Comme le suggèrent ces deux derniers thèmes, la perspective de cette enquête est transnationale. Le judaïsme français étant le cœur démographique du judaïsme francophone, la majorité des données récoltées proviennent de ce pays. Mais l’enquête s’est aussi déroulée au Québec et dans le monde franco-israélien. Ceux-ci ont été intégrés à l’analyse en tant qu’études de cas permettant de mieux saisir les effets de la transnationalisation du champ sur l’économie de la légitimité. Cette thèse arrive au constat qu’en l’absence d’instances unifiées de consécration dans le champ, comprendre l’économie de la légitimité dans le judaïsme francophone contemporain suppose de prendre au sérieux les rapports moraux au monde constitutifs de l’expérience juive.
Author(s): Zelenina, Galina
Date: 2018
Abstract: In the early 2000s, the Russian branch of Lubavitch Hasidism embodied in the Federation of Jewish communities of Russia became a self-proclaimed speaker for Russian Jewry. The paper argues that the Federation is a nation-building project which succeeded in constructing a rather limited and imported real religious community as well as a large and amorphous “imagined community” and tries to offer some inclusive agenda for Russian Jewry as a whole. Most importantly, the Federation switched from the traditional lachrymose concept of the Jewish nation, and suffering as a core of Jewish identity, to the idea of Jewish and Russian Jewish success, achievement, and heroism. The paper seeks to demonstrate that the reason for this ideological innovation lies in Lubavitch mentality (part and parcel of which is the concept of miracle and ardent messianism) as well as in surrounding all-Russian trends. The Federation’s success story and development of optimistic memories and narratives has been parallel to Russia’s “rising from its knees.” The cornerstone of the Federation’s victory on the Russian Jewish scene - its effective and continuous alliance with Kremlin - shows the same pattern: on the one side, it follows the traditional Lubavitch path; on the other, it reflects the traditional Russian idea of state-church “symphony” and dependence of the latter on the former. The attitude to Judaism on the part of the Russian Jewry that supports the Federation may be defined as “vicarious religion,” and may be compared to the “light burden” of Orthodoxy undertaken by the majority of Russians.
Author(s): Galchinsky, Michael
Date: 2009
Date: 2000